Saison actuelle
La saison des neiges, ou saison de la nuit dans le nord du monde. La neige recouvre la terre et la nuit quasi-perpetuelle couvre le septentrion.
My Dearly Beloved ~ FT A - Séraphin de Carheil

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My Dearly Beloved ~ FT A - Séraphin de Carheil

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Sam 3 Déc - 0:26
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L'on dit que le temps balaye toutes les douleurs qui ont pu nous avoir été causée, qu'on oublie, cependant, en oubliant la cause de notre douleur, on oublie aussi les personnes que nous avons aimées, les bons souvenirs que nous avons passés, nous oublions ce que nous sommes, ce qui fait ce qu'on est.
C'est pour ça que j'ai choisi de ne pas oublier, mais plutôt de fuir. Ma mère, mon clan entier le sait. Il n'y a que moi qui ne veux pas avouer, pas admettre que si je m'aventure toujours aussi loin des terres, c'est pour fuir la mort de mon père.
De ma tenue de voyage, soit des vêtements abîmés qui ont fait leurs preuves pour tenir mon corps à température idéale. Sur mon dos, je traîne un sac détenant des provisions, au cas où je me perde ; parce que je finis toujours par me perdre, ou bien à me blesser.  Ma dernière blessure n'est d'ailleurs pas totalement cicatrisée, une plaie longeant ma joue en cours de guérison, recouverte d'une croûte qui peut s'enlever à tout moment si je me gratte.
Il est encore tôt lorsque je pars, la nuit n'a toujours pas laissé place au soleil. Le brouillard a envahi les terres et ne me permet de voir que jusqu'à deux mètres face à moi, rapidement, je ne vois plus où est le campement, et je ne suis d'ailleurs plus capable d'y retourner J'ai tout simplement perdu tous mes repères. Je pourrai encore faire demi-tour et tenter de retrouver mon chemin, mon instinct animal m'y pousse, mais en ce moment précis, ma soif d'aventure est bien plus présente que n'importe quel autre sentiment que je peux éprouver.
Après près d'une heure de trajet, j'ai mon corps qui est déjà recouvert de nouvelles blessures, que ce soit avec des branches ou encore des chutes dues au brouillard. Je finis par boire un peu avant de prendre la décision de tenter une métamorphose pour continuer la route. Je mets mes affaires dans le sac prévu à cet effet puis me détend, j'appelle alors la louve en moi, et pour une fois, elle sort sans trop attendre. La douleur ébranle mon corps, j'en tombe alors, me crispant, me cambrant. Et, après une lutte acharnée avec mon enveloppe charnelle, je me laisse un temps de repos, allongée sur le flanc et haletante. Sous forme de louve.
Remise de mes émotions, je me relève en poussant des couinements. Les blessures ne sont pas parties mon corps est endolori, j'ai comme l'impression de me réveiller après une énorme chute où j'aurais perdu connaissance. Expérience vécue. Je m'étire et reprends finalement mon chemin vers l'inconnu, sacs autour du cou ou entre les crocs.
Le soleil est maintenant bien haut dans le ciel, et les rayons se faufilent entre les branchages des arbres, ces derniers semblent me frayer un chemin à l'ombre, sous la chaleur écrasante que peut parfois provoquer cet astre. Je suis à présent bien loin du clan et mes coussinets me font comprendre que je dois prendre une pose. Les clapotis d'un ruisseau se font alors entendre alors que je m'apprêtais à m'arrêter. Curieuse, je longe facilement le filet d'eau, qui s'agrandit de plus en plus, jusqu'à atteindre ce qui semble être un lac. L'excitation me gagne et je redeviens presque aussitôt humaine, les sacs sur le bord de l'eau et moi tombant dans l'eau durant mon changement de corps toujours aussi désagréable. Une fois capable de bouger, ou plutôt en manque d'oxygène, je remonte à la surface, en colère de m'être changée alors que j'aurais souhaité nager dans cette eau sous forme animale, l'eau ruisselant autour de mes poils.

- Et merde !

Je crie aussi fort que je le peux, exprimant mon mécontentement. Je rejoins lentement la côte mais sursaute aussitôt, entendant une branche se briser sous le poids de quelque chose, ou bien de quelqu'un. Je grogne et me précipite sur mon sac, enfilant au plus rapidement mes vêtements. Une fois plus seulement vêtue de la tenue d'Eve, je crie.

- Qui est là ?!

Toujours avec ce ton doux que je sais si bien faire de ma voix rauque.     
Ft A - Séraphin de Carheil
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Aïva
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Sam 3 Déc - 8:35



i thought that i was dreaming
when you said you loved me

La brume t’écœure. Elle te dégoute. Elle coule nonchalamment sur peau et vêtements, y traçant des sillons pernicieux qui raniment - de temps à autre - la chair de poule sur ton derme pâle. Deux ans que tu vadrouilles. Deux ans qu’elle t'accompagne lors de ces matinées froides de talvi. C'est bientôt ton anniversaire, séraphin. Deux ans.
Les larmes de ton géniteur, versées à l’occasion d'adieux provisoires, ne sont plus qu'un souvenir vague et amer. Souvent, ces traîtresses te hantent. Tu ne l'ignores pas, gamin. Les perles nées ce jour-là étaient le témoin d’une peur toute justifiée ; celle de retrouver ton cadavre à væli, dévoré par les vers affamés et les coyotes qui errent.
Il était terrifié, l’empereur. Rendu craintif par les ambitions d'un fils curieux de tout, mais surtout de rien.

La brume, donc. Tu coules un regard vers les cieux qui s'habillent lentement des couleurs de l'aube. Une aurore froide précédant une journée qui menace de l'être sûrement autant. Un soupir désabusé s’échappe en un frêle nuage de condensation, une silhouette diaphane qui se dépêche vers ses jumelles les nuées. Tu fatigues, fragile oiseau. Tu fatigues. Voilà un moment que tu pieutes avec le crépuscule, allongé à même le sol dans un couchage acheté sur le marché du désert où l'effervescence est couronnée reine. Kajaal s'agite contre ton ventre, lové - au chaud et à l'abri - à l'intérieur de ta cape. Ah, talvi… la mauvaise saison est aussi belle que criminelle. Les engelures sur tes phalanges te brûlent, et tu peines à réfréner les pulsions qui t’ordonnent de céder aux démangeaisons. non, non. Il faut tenir bon, andrea.

La purée pâle et humide se lève au cours de la matinée, tu réalises être profondément enfoncé au sein du bois maudit. Celui où se cachent les bêtes sauvages et les hommes sans éducation.
Un rire âcre apparaît entre tes lippes gercées ; depuis quand les peuples jouissent-ils d'une certaine supériorité sur le rhivarion ? C’est la réponse que tu chasses. Sont-ils si différents ? Sont-ils vraiment si violents ?

à mesure que tu pénètres le vaste édifice de chênes centenaires et de branches curieuses, ta monture piaffe et renâcle de plus en plus.

- Tout doux, Jaska.

La jument bai s’apaise doucement sous tes caresses, visiblement rassérénée pour une minute. L'anxiété commence à poindre dans tes veines. Tu sens les regards. Tu devines sans mal que l'on t’observe avec la volonté de te faire rebrousser chemin.
Tu t'y refuses obstinément, tel un enfant.

- Tout doux, ma belle.

L’animal rechigne à poursuivre le chemin tracé au hasard dans les fourrés. Les ronces s'agrippent à tes fringues en mimant le mouvement de doigts incisifs sous le soleil de midi. Il est blême et ne suffit pas à stopper le tremblement compulsif de tes mains. Jaska indisposée, tu mets pieds à terre et continue sur ta lancée, les reines dans la paume.
Tu entends un sifflement à proximité de ton oreille, suivi d’une longue plainte s'élevant de la bouche de ton adoré goupil. Est-il mort ? Tu glisses un regard horrifié vers tes chevilles et il est là, en vie. Seulement effrayé par l’arme logée dans le tronc d’un colosse dénudé de ses feuilles.

- Je ne veux aucun mal aux viridiens.

Un éclat caustique résonne sous la cime. il n'est, manifestement, pas tout à fait disposé à te croire. Tu presses le pas et invites jaska à t’imiter pour que l'impudent ne puisse pas vous embrocher. Ses pas bruissent derrière les tiens, fébrile voyageur. Tu as peur.

Le manège dure un moment, andrea. D'interminables minutes durant lesquelles tu t’époumones et te perds dans les bois inhospitaliers. Lorsqu’enfin tu penses avoir semé le fou, un cri féminin s'immisce jusqu’à tes oreilles. Elle est là, la demoiselle. Chétive et ruisselante. Tu écarquilles les yeux ; c’est une enfant. Une gamine - à peine une adolescente - qui, sous le vent gelé d’un talvi naissant, risque de se tuer.

- Par les dieux créateurs…

Tu te coules silencieusement à son côté et ôte ta vaste cape bordée de fourrure chaude et douce. Tu en entoures ses épaules étroites et redresses la capuche sur sa tête déformée par la haine.

- Vous baigner à une telle saison... vous ne craignez donc pas l'hypothermie, vous les viridiens ?

Que tu rouspètes à mi-voix, les cordes vocales produisant des sons qui ne s'avèrent être que tendresse et empathie.

- Je m’en vais, donc n’ayez crainte. ne criez pas, je vous en prie. un camarade à vous semble décidé à me transformer en cerf que l'on tire !

Tu t'apprêtes à te redresser et à reprendre ta route lorsque le chasseur émerge des buis à son tour. Ses phalanges tirent la corde sensible et menacent de la lâcher avec le trait qui vise ta tête. Pourtant, il se fige. Son regard passe de ton squelette à celui de la gamine, puis du sien à ton dos. Ses méninges s’activent semble-t-il. Bientôt, sa voix rocailleuse s’élève et occupe tout l'espace à proximité du lac.

- C’est ton ami, Elwayn ? tu sais que les étrangers ne sont pas les bienvenus ici !

Tu adresses une œillade courageuse à la jeune femme et pries intérieurement pour qu'elle coopère. Tes lèvres forment des suppliques muettes.
Puisse-t-elle t’éviter de finir embroché sur une flèche viridienne à vingt-deux petites années.

BY MITZI


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Sam 3 Déc - 15:49
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L'eau sur mon corps sembla aussitôt se changer en glace. Le vent glacé pourrait apporter de la neige si les nuages se montraient dans le ciel. Le froid me crispait alors, me faisant frissonner et pousser des souffles à chaque fois que mon enveloppe charnelle tressaillait, je m'en voulais alors d'être redevenue humaine et regrettais aussi de ne pas me trouver sous une épaisse pelisse noire.
Et c'était alors que je pensais à me fatiguer à nouveau pour reprendre la forme de louve, j'entendis la voix d'un homme.

- Par les dieux créateurs…

Je sursautai alors qu'une masse s'abattait sur mes frêles épaules et qu'une capuche me recouvrit le visage. Je pensai tout d'abord à la chaleur qui émanait du tissu, puis je réagis rapidement en comprenant que quelqu'un venait tout juste de me mettre ça. Je relevai rapidement la capuche et lançais un regard menaçant à l'homme.

- Vous baigner à une telle saison... vous ne craignez donc pas l'hypothermie, vous les viridiens ?

Je lâchai un grognement. Non mais ! Pour qui se prenait-il? Avant de l'agresser verbalement, j'entrepris de le dévisager sans gêne, rapidement. Un grand blond aux yeux bleus. J'ouvrai la bouche pour parler mais il me coupa la parole.

- Je m’en vais, donc n’ayez crainte. ne criez pas, je vous en prie. un camarade à vous semble décidé à me transformer en cerf que l'on tire !

- Un camarade ?

A peine j'avais le temps de l'interroger à haute voix que je le voyais prêt à partir. Et il n'en eut même pas l'occasion car mon "camarade" en question, se trouvait à quelques mètres de là, son arc tendu et la flèche en direction de l'intrus.

-  C’est ton ami, Elwayn ? tu sais que les étrangers ne sont pas les bienvenus ici !

La colère que j'avais pour l'homme qui avait osé déposer son odeur sur mon corps se dirigea droit sur le chasseur de mon clan qui avait clairement osé me suivre. Mon visage se tordit en un sourire qui se voulait haineux, ce sourire dont la plupart de mes camarades avaient peur. Apparemment il glaçait le sang. J'ignorais royalement l'homme à mes côtés et fis un pas en avant.

- Et toi tu sais très bien que je ne supporte pas que l'on me suive, sombre crétin.Tu croyais que tu allais pouvoir me faire croire que tu poursuivais cet imbécile d'étranger ? Oh non, tu ne t'en sortiras pas comme ça !

Le sourire de la mort toujours sur les crocs, je parvins à garder une étrange maîtrise de mon envie d'aller attaquer celui qui avait osé me pister.  Au lieu de m'attaquer à lui au corps-à-corps, j'attrapais rapidement cette lame que je lançais, avec une précision que j'avais uniquement lorsque j'étais sous adrénaline, sur l'arbre à quelques centimètres du chasseur. Lui qui s'était entraîné à ne pas exprimer la moindre émotion, grimaça en sentant l'air contre sa joue.

- La prochaine fois ce ne sera pas cet arbre mais ton crâne.

Les oreilles plaquées en arrière, je lâchais un long grognement du fond de ma gorge, ma queue totalement ébouriffée. Le chasseur se crispa et finit par poser son arc, ses bras le long de son corps.

- Juste, ne t'éloigne pas trop, que ça ne finisse pas comme la dernière fois où tu étais restée blessée à ne pas pouvoir bouger jusqu'à ce qu'on te trouve trois jours après.

Je claquai des dents pour l'empêcher de parler encore et il s'éloigna. Je me détendis alors, oubliant presque la présence de l'intrus à quelques pas derrière moi. Je soupirai.

- Jamais on ne peut vivre librement.

Je me grattai la nuque et me retournai, les yeux fermés. Je marchais, pensant rejoindre dans quelques pas le rocher où il avait mes sacs, mais au lieu de quelques pas, je heurtai le torse de l'homme que j'avais oublié, et qui m'avait d'ailleurs énervé. Je clignais des yeux, le temps de reprendre conscience de la situation puis je grimaçai en enlevant la cape.

- Ne mets plus jamais quelque chose sur quelqu'un sans prévenir. Tu es complètement inconscient ou quoi ? Grâce à toi tout le monde va penser qu'un homme m'a enlacé, tu as changé mon odeur, crétin !

Je l'agressai verbalement en agitant les bras et m'approchant toujours plus de lui. Sa taille ne m'impressionnait pas et j'étais bien trop occupée à l'engueuler plutôt qu'à me préoccuper de sa taille et du fait qu'il pouvait être plus fort que moi.

Puis tout d'un coup, je me sentis nauséeuse et un mal de crâne me transperça les tempes. Le vertige me fit tomber sur les fesses, et j'avais comme seul reflex de monter mes mains jusqu'à mon front pour tenter de baisser la douleur. Je me pliai également de douleur. Avec l'aide de mes bras, le rampai jusqu'à la source d'eau, y plongeant ainsi mon bras pour refroidir la température de mon corps qui grimpait en flèche. En plus de ça, mon ventre rejeta tout mon dîner et je finis par tomber là, au bord de l'inconscience entre le réel et le rêve.

- Mauvaise idée de se transformer trois fois en une journée.  

Que je riais faiblement avant de vomir le repas de la veille. Après quelques secondes pour reprendre mon souffle, je m'allongeais lentement en repliant me jambes contre ma poitrine, murmurant d'une semi-voix.

- Je suis si fatiguée...

Je finis par fermer lentement mes yeux, ma vision devenue totalement floue. Avant de les fermer complètement, je lâchais un rire nerveux en regardant le garçon.

- Oh ! On dirait un ange.

Après cette dernière parole, je me relâchai lentement, me battant contre le sommeil.
Ft A - Séraphin de Carheil
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Aïva
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Lun 5 Déc - 18:22



i thought that i was dreaming
when you said you loved me

Un frisson se dépêche à ton échine. C’est inutile, Andrea. La fée n’est pas là. Où que tu poses l’œil, son absence te talonne. Elle te frappe, la douleur. Elle t’assassine méchamment autant qu’elle ranime ton maigre cœur de fou. Encore une minute, et te voilà qui divague. Tu t’imagines sa crinière colorée - même si tu n’arrives pas à demeurer sur une couleur - qui ondule sur ses courbes enchanteresses. Tu penses à la lumière dans ses billes semblables à des miroir où ne brille avec intensité que l’ombre du bonheur.
Celui qui, à l’instant où la môme dévoile son sourire de mort, s’échappe d’entre tes lèvres qui chevrotent et dansent. Tu paniques, Séraphin. Compte-t-elle détruire une vie ? Cela t’est intolérable. Tu songes à t’interposer ; trop tard. C’est toujours à retardement que tu esquisses un mouvement, gamin des astres. Toujours après l’issue fatale. Toujours là pour assister au décès, à nourrir de douloureux regrets.


Les billes fermées, tu ne peux que te figurer l’eau rouge qui dévale le trou percé à gros bouillons. Ton cerveau te donne même la sensation de percevoir l’odeur âcre de l’hémoglobine, un peu à la manière des souvenirs animés par les embruns. Puis, les images macabres s’étiolent. Tu découvres à la dérobée qu’il est tout à fait hors de danger, mais que le vieil aulne n’a pas eu autant de chance. Légèrement écorché, il souffre de son sang ambré qui dévale son tronc rugueux. Maladroitement, tu exhales un soupir fébrile avec inquiétude.
Le pire est passé, n’est-ce pas ?
Elle semble si touchée, la demi-portion. Aisément, tu comprends. Vous êtes semblables, hein ? Bouffée par l’envie de voyage. Rongée par des horizons inconnus. Tu te proposes volontiers pour tout lui conter. Pour tout lui dire.
Lui avouer toute la beauté du monde. Lui proposer - peut-être - un bout de séjour à tes côtés. C’est ainsi que tu es, petit prince. Prêt à courir sur les routes avec l’étranger rencontré au hasard de tes déambulations sans aucune carte pour te guider, si ce n’est celle dessinée par les étoiles. Néanmoins… au dégoût qui déforme son minois angélique, tu chasses la possibilité avec la vivacité qui dévore ses oreilles canines. Sa queue semble dire qu’elle est du règne canis, mais tu ignores à quelle bête elle s’apparente le plus. Au chiot, pour la douceur de ses traits. Au loup pour la force de caractère. Tu hausses les épaules et oublies déjà.


- Juste, ne t’éloigne pas trop.


Inévitablement, tu opines derechef à l’avertissement. Le conseil est compréhensible ; et tu offres ta compassion à celui qui tente, bon gré mal gré, de veiller sur la créature désireuse de s’émanciper. Elle ne l’écoute pas, la gosse. Toi, tu cesses de tendre l’oreille et te concentres sur son corps malingre. Le manteau ne réchauffe plus rien, non. Il se contente de choir sur le sol, et l’envie de le récupérer pour en recouvrir ton squelette peu à peu transi t’étreint. Tu t’y refuses. Il est à elle, le temps que sa peau retrouve ses couleurs.
Il est à elle.


- Ne mets plus jamais quelque chose sur quelqu’un sans prévenir. Tu es complètement inconscient ou quoi ? Grâce à toi, tout le monde va penser qu’un homme m’a enlacé, tu as changé mon odeur, crétin !


Tes orbes s’ouvrent en grand. Tu as fauté ? Tu en es contrarié. Lèvres pincées, tu acquiesces seulement avec déférence, l’air tout ce qu’il y a de plus peiné. Tu ne veux guère lui causer du tort, enfant de Nui. Tu imprimes son visage dans ta rétine qui s’approche de plus en plus, non sans une sourde appréhension au fond de l’estomac.
Sa gueule se fatigue, tu penses. L’étincelle de la vie se détache de son beau faciès, tu t’en inquiètes et cherches une raison à tout cela. Tu te retournes vers l’homme, mais le voilà déjà loin, avalé par les buissons et les branches mises à nue. Tu l’observes qui s’écroule mollement et l’attrapes du bout des doigts lorsqu’elle chute durement sur l’arrière-train. Sournoisement, l’anxiété déforme ton profil. Est-elle souffrante ? Pourquoi se tord-t-elle ainsi ? De la prunelle, tu reluques le moindre de ses mouvements. Des nausées ? Pour quelles raisons ? Une nourriture de mauvaise qualité ?
Sans hésiter, tu te dépêches à son côté. Tu lui extirpes les bras de l’eau gelée et la serre contre ta poitrine qui se soulève au rythme de l’horreur. Tes phalanges s’emparent de la cape dont tu l’enveloppes précautionneusement avant de caresser son dos avec maintes attentions. D’un signe bref - presque indistinct - tu invites Kajaal à se présenter à son chevet, ta frêle besace dans la gueule. Celui-ci s’exécute sans se faire prier et tu récupères la gourde en peau que tu places entre les lèvres humectées par la salive.


- Tout va bien. Tout va bien, ne t’inquiète pas.


Le malingre animal roux s’insinue dans le cou de l’adolescente et s’y love chaleureusement ; quasiment avec amitié. Il n’est pas farouche, le renard. Trop doux, il montre douceur et babines souriantes à quiconque est disposé à le voir.


- Tu peux te reposer tout ton saoul. Je veillerai sur toi, personne ne viendra.


Ta voix ressemble à de chevrotants susurres. Prononcés si bas, elle est la seule qui puisse les entendre. Tes ongles fauchent les attributs canins et y tracent de petits cercles tendres. Avec considération, Séraphin. Sans prudence, malgré sa démonstration de rage, tu la conserves entre tes bras où la chaleur est aussi réconfortante que l’astre diurne à la saison des récoltes.
Et tu apprécies cela, Andrea.
Prendre soin des autres.

BY MITZI


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