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La saison des neiges, ou saison de la nuit dans le nord du monde. La neige recouvre la terre et la nuit quasi-perpetuelle couvre le septentrion.
Le loup et l'oubliée - Rani & Fyra

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Le loup et l'oubliée - Rani & Fyra

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Rani Thistleheart
La chanson de l'année
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Race : Homme-bête (loup)
Localisation : Actuellement à Nui
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Lun 12 Déc - 13:50
Le jahak et le dragon des sables

Rani & Fyra

Un petit village, perdu dans les plaines de Nui

La petite troupe de saltimbanques avait atteint la veille au soir un petit hameau paysan, niché tout près d'un gigantesque moulin dont les ailes battaient déjà dans la bise du petit matin. La brume recouvrait la plaine à perte de vue, le froid mordait la chair des habitants déjà éveillés et fit frissonner le jeune Rani des pieds à la tête. Tout du moins, le froid était une cause de son agitation : se trouver non loin de Bourg Fuguen ne le réjouissait pas du tout mais il devait suivre l'itinéraire rigoureux de la troupe, c'était ainsi.

Accompagné par ses lugubres pensées que la météo actuelle n'aidait pas à chasser ainsi que d'un luth, il se rendit près du grand feu de bois creusé au centre du village. C'était, semblait-il, un jour de réjouissance et le grand braséro devait avoir une signification, mais Rani ignorait laquelle et de toute façon, il ne chercherait pas à comprendre. Ils ne devaient pas rester ici très longtemps, deux ou trois jours tout au plus.

Il prit place sur une bûche équarrie pour servir de siège inconfortable et dans la fraîcheur cinglante du petit matin, commença à accorder son instrument. Ce temps n'était jamais clément envers les cordes chantantes qui devenaient bientôt grinçantes, réclamant ainsi l'attention de leur propriétaire.

Rapidement, par ses gestes précis et son oreille attentive, le barde termina sa tâche première et gratta les cordes un moment, le regard perdu dans le feu. Il éprouvait une certaine fascination pour ces flammes dansantes qui l'envoûtaient dès qu'il croisait leur regard. Peut-être était-ce son instinct animal ou peut-être juste qu'il aimait le feu, tout simplement.

Des petits lève-tôt passèrent à côté de Rani en gazouillant puis le dévorant des yeux, semblant attendre quelque chose. Le jeune homme leur rendit leur regard, interdit, puis comprit qu'ils voulaient de la musique. Jour de fête oblige, il fallait de la musique. Du moins c'était sa propre conception des célébrations heureuses.

Il débuta alors une comptine qu'il avait appris dans le Rhivarion, quand il était encore petit.

Un jahak chassait dans le désert.
Son maître l'y avait envoyé pour trouver de quoi subsister.
Quelle ne fut sa surprise quand un dragon en colère
Vint grogner parce que sa queue à terre
Venait d'être écrasée sans pitié.

Le jahak effrayé tremblait de tout son long
Lorsque, d'un coup, le dragon s'étendit
Et dans un souffle brûlant lui dit :
"Qui es-tu pour fouler mon corps sans raison ?"


Les enfants qui ne semblaient pas connaître la chanson le regardaient d'un air avide, curieux de savoir ce qui arrivait au jahak. Il leur conta la suite, révélant que la petite bestiole poilue, loin de se faire dévorer par le dragon, obtint son aide et put ramener du gibier à foison, grâce à la bête terrible qui était devenue son amie. Ce que Rani ne leur révéla pas, c'est que cette comptine était bien loin de la réalité et que les dragons des sables étaient des êtres impitoyables qui se contentaient de gober tout cru ce qui se présentaient à leur gueule plutôt que parlementer.


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Ven 30 Déc - 0:29
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J
e me souviendrais toujours du feu qui s'anima dans les yeux de Fem à la vue de ces champs lumineux à perte de vue. Des milliers d'étincelles que le ciel constellé d'étoiles aurait bien eu raison de farouchement jalouser. Alors, il s'est élancé. Il a avalé d'un bond une large distance et a couru jusqu'à en perdre haleine. Et je l'ai suivi. J'ai abandonné pour ne serait-ce qu'une poignée de minutes l'imaginaire retenue qui clouait mes pieds au sol et j'ai à mon tour dévorer la distance. Rien n'entravait notre course. Pas de branches, pas de troncs, pas de racines. Il n'y avait rien d'autres que nous. Nous et ces épis de céréales éthérés luisant de milles feux en guise de phare pour éclairer la nuit noire. Mes jambes m'avaient porté si loin en si peu de temps qu'elles ne purent que céder face à ce soudain effort. J'avais trébuché. Le visage contre cette terre dont l'odeur n'était en rien semblable à l'odeur boisée et humide de la forêt, j'humais cette fragrance inconnue et recherchait par la même occasion à retrouver mon souffle. À l'intérieur de ma cage thoracique cognait vivement mon palpitant et me secouait comme je ne l'avais jamais été. Puis Fem était revenu à mes côtés après lui aussi avoir couru jusqu'à en perdre haleine. Il s'est allongé dans mon dos et m'a recouverte de son pelage. Et ainsi nous nous sommes endormis.

Quelques jours ont passé, quelques nuits aussi. Je préfère au voyage de jour la sécurité du voile de la nuit. Je chaparde çà et là de quoi tout juste me sustenter tandis que Fem lui, vagabonde et chasse son gibier. Et puis ce soir, nous nous arrêtons à l'arrière d'un monument monté de bois, dont d'immenses planches virevoltent telles des ailes dans les cieux. Le grincement du bois tout comme le souffle calme de Fem me bercent jusqu'à ce que je tombe lentement dans les profondeurs du domaine onirique de Cień.

Protégée par ma fourrure des rayons matinaux de Ñāyiru, mon sommeil ne se trouve nullement troublé par l'arrivée du jour. Ce qui me tire plus tard de mon sommeil est un chant dans le lointain. Les notes s'élèvent, se perdent et se mêlent aux craquements de l'édifice boisé derrière lequel je me trouve. Je me redresse, encore à moitié prisonnière de la Déesse des songes. Je décèle depuis mon esprit embrumé un chemin me menant à de distants souvenirs et entonne les mots qui me viennent tout naturellement.

⌠ Après s'être confondu en maintes excuses,
Le jahak balbutia tout en se prosternant,
"Pardonnez ce jahak, vous qui êtes des dragons le plus imposant,
Qui ne voulait seulement que... ⌡


Je m'interromps et perds mon regard dans celui de Fem qui visiblement se demande ce qu'il me prend tout à coup. Écrasant ma main au milieu de ses deux oreilles duveteuses, je m'efforce à chercher la suite de cette comptine qui me venait de mon enfance.
Nourrir sa femme... je grommelle puis secoue la tête. Non, nourrir sa famille. je rectifie immédiatement. Le loup m'observe avec des yeux si grands que je peux voir mon visage s'y refléter entièrement. Je le gratifie d'un sourire puis ébouriffe le sommet de son crâne.
Tu ne comprends rien, hein? je lui souffle tendrement avant de me lover plus confortablement contre son flanc afin de poursuivre mon imparfaite mélodie.






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