Saison actuelle
La saison des neiges, ou saison de la nuit dans le nord du monde. La neige recouvre la terre et la nuit quasi-perpetuelle couvre le septentrion.
Des jours avec et des jours sang. ft Saym

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Des jours avec et des jours sang. ft Saym

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Dim 18 Déc - 20:32
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Des jours avec et des jours sang


La raison, la prudence et la méfiance. Le calme, la sérénité et la quiétude. A l’image d’un forgeron qui forge l’épée à partir de l’acier, moi j’ai forgé une cage à l’aide de ces sentiments et de ces émotions. En secret, dans la partie la plus aculée de mon cœur. Là où rien ne pouvait m’atteindre j’ai bâti cette prison pour empêcher la bête de sortir. A jamais je souhaitai la bannir à défaut de pouvoir la contrôler.

Toutefois cette nuit, je n’y suis pas arrivé… Elle est trop forte, elle a soif de liberté et de chasse. La dualité s’efface et moi avec. Doucement, mais surement elle prend l’ascendant. Pareil à l’astre de lumière, voici que je décline et m’éteins. La nuit recouvre ce monde et elle recouvre aussi mon cœur désormais. Le voici, il est là, il s’échappe… Fuyez !

Alors que tout à ma vue devient flou, mes suppliques s’envolent et s’éparpillent sous le puissant râle du tigre. La fraicheur de la nuit le galvanise. Tel le vent il file dans la forêt à la recherche d’une proie. Les sens aux aguets, son instinct guide son être entier. Sa puissance est mise au service de son appétit et de son intellect qui de moi sait tirer profit. A son passage, le temps se fige. Les êtres qui grouillent et peuplent les bois se muent dans un silence mortuaire sous peine de finir entre les crocs de la bête. Des crocs à la fois large et tranchant qui se tiennent dans cette gueule immense.
Son regard impénétrable et impitoyable jauge et juge à la fois. Ses pattes touchent le sol pour le quitter aussitôt la foulée d’après non sans laisser la marque de ses terribles griffes embrassé la terre.

Sans cesse il rôde. A la lisière des bois, l’un de ses endroits préférés. A la frontière avec les terres du Nord, là il se tient. Ombre parmi les ombres, il se cache dans le feuillage et sous le couvert de cette nuit sans lune. Il observe et attend. Prendre la mesure avant de fondre sur des marchands ou tout autre imprudent qui oserait s’approcher de trop prêt. Gardien silencieux, il veille sur les bois.

Étrangement cette façon de faire m’est familière. L’ais je hérité de lui ou est-ce l’inverse ? Je l’ignore. Peut-être que je partage plus d’attraits avec le tigre que je ne veux l’admettre. Non, moi je ne suis pas un tueur. Je me défends pour survivre, lui il tue ou mutile pour son plaisir. Ou bien est-ce pour me pousser à bout, pour que je perde l’emprise que j’ai sur moi-même afin de lui faciliter les commandes sur ma personne. Autant de questions que je me pose et qui s’étiole aussi soudainement devant l’instinct du tigre qui me chasse moi et ma raison.

Tout à coup il s’agite. Il court et il file droit vers un but. Quelque chose que je ne repère pas. Un bruit ou une odeur subtile qui m’a échappé, mais qui pour le tigre prend un sens complétement différent. Qu’a-t-il vu... ?







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Lun 19 Déc - 7:50
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Des jours avec
et des jour sang
Seythan Lyndor.
Survivre ou mourir sous les lames de la lune à travers la forêt, enveloppé d’une fraîcheur familière aux bois, familière à la nuit et au sourire sournois de l’astre qui le regardait courir. La sombre clarté du ciel s’écrasait sur sa tête alors que son corps sillonnait les ténèbres de sa maison, d’un toit où lui-même pouvait être chassé. Ses pieds se plantaient entre les racines et, sous la frayeur, les bois représentaient de potentiels obstacles, des traitres hypocrites qui se jouaient de ceux qui n’avaient pas l’expérience nécessaire pour frôler leurs cassures sans craindre leurs arrières. Les lois d’une vie au sein de Rhivarion étaient les mêmes pour tous ; c’était aux plus forts que revenait le droit d’y rencontrer une fois de plus les merveilles de son chant, et aux plus rusés que s’imposait la terreur de ses chimères. Alors cours, Saym. Cours et ne t’arrête pas.

Le vent de la course lui apportait senteurs et dangers, illusions turpides dont il n’avait pourtant pas conscience, mais l’air ne barrait point l’haleine flétrie et bel et bien réelle de son assaillant […] qui le suivait à la trace, à la même cadence. Il lui semblait que son souffle chaud le rattrapait, que bientôt l’animal se jetterait sur lui pour le plaisir d’écraser une chair de bipède - de chasseur - entre les pattes, de partager la souffrance d’une flèche qui trônait pitoyablement sur son dos. Penser qu’un bout de bois taillé qui avait à peine pénétré sa peau viendrait au bout d’un ours était la pire des idioties et des défis qu’il se donnait pour gagner en puissance, mais affronter un animal de taille du haut de ses quinze ans le mènerait tout droit vers la mort. Au fond, il n’y avait aucune autre issue. Il mourrait soit en vétéran, soit en bon lâche.

Sa respiration n’avait plus lieu d’être et ses muscles brûlaient, il souffrait entre le froid de la forêt et la chaleur épuisante de son corps. La fatigue prit le dessus et ralentit son allure, ses bras cessèrent de maintenir son équilibre ; il faillit s’écrouler. Il faillit fermer les yeux sur l’objectif fixé de sa vengeance, prenant étrangement un aspect grotesque et sans intérêt. L’ours lui bondirait sur les épaules et, en quelques secondes à peine, il ne resterait que les lambeaux de son cœur étalés dans les herbes et une part floutée de son existence, des pensées de haine et une rancœur éteinte. Finir comme ses propres cibles. Perdre […] s’il n’avait pas perdu depuis bien longtemps.

Mais la bête qui se rua sur lui était différente. Il ne l’avait pas anticipée, ou ne serait-ce qu’aperçue, et il prit un temps douloureux à comprendre qu’une chose de nature plus dangereuse encore lui lacérait les hanches. Ils roulèrent sur quelques mètres dans des rugissements et des cris alors que Saym se débattait, aggravant ses blessures jusqu’à ce que les griffes se dégagent d’elle-même grâce au choc d’un arbre. Son tronc lui servit d’appui afin de se relever ; une main posée sur son torse suffit à comprendre que le sang le quittait.

L’ours s’était déjà jeté sur la bête lorsqu’il retrouva le courage de relever les yeux. Il observa, impuissant et démuni, la bataille entre deux maîtres féroces et dignes. L’ombre noire et imposante de son précédent chasseur disparut comme s’il n’avait jamais vu le jour.
Et ses yeux gris rencontrèrent les prunelles illuminées d’un tigre.

« Ose donc te jeter sur moi, souffla-t-il. Finis donc ce que tu as commencé. »

Recule, Saym. Recule. Ses pieds glissaient vers l’arrière, la douleur lancinante lui attaquait l’esprit, son sang le réchauffait malgré sa peau déchirée et pendante. La respiration brute du tigre lui parvenait comme une menace, un ultimatum, la limite de tout espoir, mais l’enfant souriait.

« J’en ai marre de fuir. Je suis fatigué. »
Nous craignons plus la douleur que la mort.


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Jeu 22 Déc - 14:21
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Des jours avec et des jours sang




Dans la pénombre il ne restait plus que lui. Que ce tigre imposant et puissant. Il était la forêt, la forêt était ce tigre. Fort et fier. Impénétrable, dangereux et mortel. Seuls ses yeux étaient clairement visibles, le reste de son immense corps baignait dans l’ombre. Lentement, avec grâce et agilité il tournoyait autour de sa proie. Un jeune homme. Il humait l’odeur de ce dernier et le sang qui s’échappait de lui l’excitait plus encore.
Il ne représentait plus un danger dans son état, il n’était plus apte à être une distraction digne de ce nom. Sous la pale lueur froide de la lune, il pouvait presque observer le tigre jubilé par moment. Oui, la bête attendait et se délectait de la moins goutte de sang qui quittait ce frêle corps en lambeau.

Cependant, un autre combat était à l’œuvre, un combat de l’esprit. Alors que l’homme en lui souhaitait venir en aide au blessé, le tigre le repoussait plus loin dans son âme. Dans cette cage qu’il avait forgé pour lui. Prisonnier, il attendait impuissant acculé à son tour. La bête était rusée, la voici à présent qui réservait à son hôte le destin qu’il voulait entrevoir pour elle-même.

Tu es faible criait ses yeux et son cœur, parlant à la fois à celui qui se mourrait devant elle qu’à celui qui se trouvait en son for intérieur.

Un vent sillonnait à présent la forêt. Un vent froid et lugubre qui soufflait et sifflait tout en accompagnant la marche en avant du tigre qui approchait. Vif comme la foudre, sa lourde patte s’abattit sur le corps du jeune imprudent tandis que sa gueule s’emparait de l’une de ses chevilles. Là, animé de la plus pure méchanceté, il trainait ce corps plus mort que vif dans la boue et l’humiliation.

Après un certain temps on pouvait entendre l’eau se déchainer dans son lit. Une cascade, voilà là où il l’avait conduit. Dans les hauteurs de la forêt, sur des pierres froides avec la lune pour seul témoin.
Là il a déposé sa proie qu’il regarde avec défiance non sans lui transmettre un message par la pensée.

Prie Man̄ju. Oublie que tu ne m’as jamais vu et abandonne-toi à la mort.

Aussitôt, le tigre poussa le Viridien dans le vide. Là où l’écume et les eaux auraient raison de lui.







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Mer 28 Déc - 6:36
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Des jours avec
et des jour sang
Seythan Lyndor.
La forêt s’éteignait sur son regard immature et voilé d’un instant de peine, d’inaptitude. Il ne portait plus en son cœur que les quelques regrets qu’il pouvait se permettre de nourrir, qu’il se résignait tant à enterrer malgré leur ampleur sur les baguettes de son âme. Les sentiments qu’il s’était pourtant interdit pour atteindre la gloire ressortirent pour faire de lui l’homme, l’enfant pitoyable qui se noyait face à son sort inévitable. Quelques larmes fendirent ses joues et tracèrent un chemin bref entre ses gouttes de sang ; une légère et ultime félicité pour la forêt que d’être abreuvée une dernière fois par ce garçon. Mais son sourire poursuivait son scintillement jusqu’à ce que la douleur reprît le dessus en arrachant à ses lèvres cousues un gémissement plaintif et désespéré. La brèche de sa haine n’en fut que plus profonde encore, toutefois indésirable et rejetée.

Lamentable, traîné dans son propre sang, dans la boue et les rejets de l’honorable forêt ; toute sa sombre ambition était réduite à un tas de cendre, frivole poudre de pitié que le tigre ne manquait pas de déguster. Saym s’abandonnait à son échec ; il ferma simplement les yeux et ordonna à la souffrance d’amoindrir ses blessures, de lui faire oublier les crocs plantés dans sa peau et les entailles décoratives d’où le sang s’échappait. S’il avait choisi la route d’un grand vétéran stupide qui tentait d’évoluer seul entre les dangers de sa maison, il avait tout autant choisir cet éventuel destin de périr par des griffes bien plus puissantes que ses ongles.

Il sentit bientôt la douce fraîcheur de l’eau mélangée à ses pleurs, la pression qu’apportait la chute contre son torse déchiré. Il aperçut brièvement les perles luisantes de son éternel ennemi avant d’accompagner le liquide frais dans sa course, légué comme une poupée inarticulée aux odieuses lois de la physique. Faible, désarçonné, sans avoir pu retrouver sa sœur et effleurer son sourire de ses doigts arrêtés […] et lui dire qu’il l’aimait.

Des mains inconnues et hospitalières ramassèrent un corps inerte après son plongeon dans la rivière. La lueur de l’horizon à son réveil fut si tendre qu’il se demandait si les Dieux l’avaient accueilli, et il délira encore quelques jours, le temps d’aller mieux.
Nous craignons plus la douleur que la mort.



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