Saison actuelle
La saison des neiges, ou saison de la nuit dans le nord du monde. La neige recouvre la terre et la nuit quasi-perpetuelle couvre le septentrion.
Entre chien et loup Ω Saym

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Entre chien et loup Ω Saym

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Kaan
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Jeu 29 Déc - 23:59
Entre chien et loupSaym ♥
Le crépuscule saturé de nuages se vêt, ce soir, de la couleur d'une ecchymose violacée, et le vent cinglant lance des piques de neige fondue aux alentours. Les prunelles levées en direction du couchant, Kaan observe, silencieux, les derniers rayons solaires qui, peu à peu, se meurent, dévorés par l'obscurité de la nuit. Ce spectacle a beau se répéter jour après jour, il n'a de cesse de prendre quelques minutes pour le contempler. Encore plus lorsque ses pas le guident loin des éclats éblouissants de Væli et que, éloigné des dunes ondulant au gré des aurores boréales, le ciel semble gagner une tout autre profondeur.

La peau de bête fauve qui lui réchauffe le dos ne suffit cependant pas à empêcher les insidieux flocons d'embrasser le haut de sa gorge et de fondre contre sa tiédeur, lui arrachant de temps à autre des tremblements secouant jusqu'à son épine dorsale. À chaque expiration, Kaan exhale un nuage de vapeur qui ne s'attarde pas contre ses lèvres, préférant s'envoler rejoindre l'immensité d'une toile tout juste piquetée d'étoiles...

Ses pieds crissent à chacune de ses avancées, entachant la virginité de la forêt –pas même entamée par de petits animaux curieux– en retenant une trace de son passage. Rhivarion. Une bien belle région lorsque la neige se décide à y tomber, bien que ses ardeurs achèvent parfois les arbres rongés de gélivures.

Cependant, Kaan ne franchit pas cette forêt désossée par la saison des neiges pour le simple plaisir de se raffermir la peau. Le puma est en effet le détenteur d'une mission, celle de rapporter les trésors enfermés par les Tarod à un marchand d'Eḍāri, bien qu'il ait prévu d'en garder une bonne partie pour ses choux gras personnels. Un véritable monticule de pièces d'or à portée de main mais qui, pourtant, se voyait forcé au sommeil...

Enfin, à quelques mètres, l'entrée du village commence à poindre. Ses fondations de bois sortent doucement du brouillard naissant dans lequel elles étaient plongées et le laissent bientôt discerner leur robustesse. Un petit sourire de satisfaction se glisse sur ses lèvres à mesure qu'un plan se finalise dans son esprit ; les vapes givrantes et épaisses du brouillard l'aideront sûrement à s'échapper.

Et voler les trésors des Tarod s'est étonnamment montré plus facile qu'il ne l'imaginait. Le village tout entier paraissait totalement endormi et, ses instincts aux aguets, il n'a pas eu à se presser par crainte de tomber sur un veilleur. Ainsi, il a pu remplir ses bottes –et enrouler les plus fragiles autour de son cou– d'amulettes et d'autres bijoux tandis qu'à l'aide d'une corde trouvée dans la même cabane, il est parvenu à attacher un lourd masque de bois finement décoré à son dos. Ce dernier, outre l'empêcher d'atteindre l'arc rangé contre ses omoplates, risquait de beaucoup plaire à son marchand. Fier de sa trouvaille, Kaan n'a pas tardé à s’éclipser en grimpant sur un des plus épais arbres trouvé, par volonté de ne pas indiquer de quel côté il s'en était allé. Bien que la neige ne se soit pas arrêtée de tomber, il jugeait ne jamais être trop prudent...

C'est pourquoi il crapahute dans les arbres quelques mètres, ralenti par sa charge, avant de lentement redescendre le long d'un tronc et de se mettre à courir, contre le vent, en direction des frontières nuilyennes.

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Ven 30 Déc - 10:32
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Entre chien et loup
Kaan. ❤
Douceur. C’était un mot bien mélancolique, bien nostalgique, qui lui revenait de temps en temps, lorsque son cœur s’assouplissait suffisamment. Un mot qui lui paraissait étranger, impossible à exactement cerner, bien qu’il s’en éprît en rencontrant le plumage chaud et accueillant d’Alda, son faible hululement et la caresse de ses ailes à sa joue presque rougie par le froid. Rebroussant chemin les mains libres, sans têtes ni oreilles ni sac de viande entre les doigts, la conscience encore vide et éloignée des âmes imaginaires qui criaient au traitre en quittant leurs corps. Revenant et s’avouant qu’un toit l’attendait entre les arbres, que son statut de chasseur serait balayé quelques heures encore, et que son esprit trouvait le droit de se reposer dans le feuillage de sa chère et vaste impératrice. Rentrant sans courir et s’essouffler en espérant payer les vies qu’il arrachait si brutalement, mais la faute n’était pas sienne. Ou peut-être l’avait-elle été un jour. Seuls Dieux le savaient.

Douceur. Mais elle s’éteignait lentement et s’exhalerait bientôt. L’implantation de la tribu n’était plus qu’à quelques pas. Un bruit étrange entre les branches et une ombre éphémère l’arrêtèrent et lui firent lentement relever la tête, mais il n’y avait rien de plus que la lueur fatigante de la neige et deux ou trois flocons qui lui tombèrent sur le nez. Il rêvassait sans doute.

Alda quitta l’épaule de son maître et prit son envol en quelques battements dans sa chute. Ses ailes prirent en puissance jusqu’à atteindre la branche choisie pour son trône, et son regard observa les Tarod avec intérêt, avant de se clore brutalement sur un coup de lame qui entailla le bras sanglant d’une femme. Aucun bruit. La souffrance était subie, vécue avec fierté ou crainte, sous le grondement outrageux de Yekel. La lame partit une seconde fois, puis une troisième, et s’arrêta sur une quatrième alors que le sang finissait de peindre la toile immaculée du sol. Le chef ordonnait que le voleur présentât sa tête. Il gueulait. Et le son violent de sa voix fit trembler la chouette jusqu’à ce que Saym n’arrivât et mît fin à cette infusion. Il avait intercepté le chemin de la lame en attrapant fermement le bras de Yekel ; le contact de leurs prunelles fut sombre et bref, et Yekel préféra abandonner dans l’effroi immédiat de perdre sa tête.

Son masque ornait son port, et il eut le temps de se tourner et se retourner avant qu’il ne disparût. « Pauvre sot. » Le bruit étrange entre les branches. « Envoie des patrouilles. » Il l’avait simplement laissé filé. « Si je retrouve ton charognard avant elles, tu gagneras le même nombre de plaies. » Et il s’élança entre les arbres, suivi par sa chouette.

Douceur. Si seulement tu savais. Si seulement ta nature que toute lèvre pouvait prononcer te conférait les lumières d’un esprit et les paroles d’un poète. Tu aurais su lire dans ses yeux et derrière sa folie que le sang avait toujours été son pire ennemi. Tu aurais persisté dans ses gestes de colère que tu aurais même déchu et réduit en un tas de poussière. Ton chant doux et volatile aurait brillé sur la scène grise et miroitante de ses perles à la place des éclats instables de l’animosité obscure qu’on lui avait insufflée. La guerre en son être, cette même bataille qui enracinait simultanément l’amour et la haine et qui ordonnait au plus ombreux de triompher, ne l’achetait guère. Ses yeux voyaient le monde et continuaient de le maudire parfois à cause de son incapacité à les voir réellement en retour, mais ils souriaient à ta chère sœur la chouette car tu es la seule échappatoire, saisissable uniquement par l’abri de ses pennes. La seule. Et tu l’aurais empêché d’empoigner le manche de sa hache en découvrant les fines traces creusées dans la neige.
Tu aurais pu.

L’allure de sa course sur les branches était plus importante et plus efficace qu’un zigzag dans la neige. Alda le dépassa rapidement en peuplant la forêt de ses cris afin de couvrir ses pas, que certaines fines couches de flocons décorant les arbres affinaient déjà. Lorsque les bruits du rapace se firent plus amples et fixes, il comprit qu’un suspect vadrouillait dans les parages. Alors il ralentit et se fit plus discret, jusqu’à apercevoir l’inconnu alourdi par les valeurs de sa tribu.
Et le masque pour lequel Yekel avait blessé une innocente.
Contre le vent, sa propre odeur lui serait imperceptible.
Le rapace piqua et rasa la tête du fautif avant de se poser sur une branche et lui hurler dessus. Saym profita de cette diversion, accéléra, bondit de son perchoir et s’écrasa sur lui en amoindrissant son désavantage quant à sa taille. La hache fendit l’air dans ses deux mains, ses yeux étincelèrent d’une colère immense.
Une colère soudainement étranglée en croisant ses yeux […] et la hache se planta à côté de son crâne. « ... Cervelle d’autruche ? » murmura-t-il, heurté. Il en eut la confirmation en remarquant ses oreilles et sa queue touffues. Son cœur se gonfla d’une joie immense. « Askaywen, c’est bien toi ? » Et pourquoi hésiter ? Il pouvait reconnaître ce regard parmi tant d’autres.

Sous la douceur, il y a la permanence d'un danger.

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Kaan
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Ven 30 Déc - 13:46
Entre chien et loupSaym ♥
Le vent lui fouette violemment les joues, soufflant violemment contre lui afin de, peut-être, l'empêcher d'emmener le fruit de son larcin loin de ses terres originelles. Cette pensée ne fait que se renforcer lorsqu'une chouette, qu'il n'a pas vue venir, lui rase le crâne de ses plumes avant de se laisser emporter par le vent. Il l'entend gueuler, debout sur son perchoir, mais ne peut pas s'en préoccuper. Bien sûr, sans le masque qui lui mangeait la moitié du dos, il aurait sorti son arc afin de tuer l'animal mettant sa discrétion en péril, mais il ne pouvait pas se permettre de perdre du temps en dénouant les cordes retenant sa prise. Alors, après un regard furieux jeté en direction du volatile, Kaan continue son chemin, accélérant même le pas pour en finir rapidement ...

Son instinct lui picotait la nuque depuis son départ du clan, mais alors qu'il s'enfonce davantage entre les arbres, ce sentiment désagréable gagne en force et l'oblige un instant à faire volte-face pour renifler les environs. Rien de plus qu'une odeur de sève ou de neige entêtante... mais un poids soudain lui apporte d'autres parfums.

Avant même qu'il ne puisse se décaler, ou même plonger vers l'avant, un corps alourdi par sa chute s'abat contre lui avec violence, le jetant à terre. Son dos s'enfonce dans la poudreuse fraîchement tombée, mais le masque qu'il portait, lui, claque sèchement contre ses os, lui coupant le souffle. Pris par surprise, ses yeux se plantent instantanément dans les orbes tempétueuses de son opposant, y décelant sans mal une ire folle. À ce constat, il ne tarde pas à retrousser ses lèvres sur ses canines aiguës et à cracher, en une tentative d'intimidation. À peine voit-il l'éclat d'une lame fendre l'air que ses muscles se bandent, que son bras se soulève, prêt à prendre le coup ou à le stopper en attrapant le manche de la hache.

Cependant, l'arme s'enfonce dans la terre givrée en un petit couinement, non loin de son oreille touffue, lui faisant bien malgré lui écarquiller les yeux. Sa respiration s’accélère à mesure que les idées de fuite envahissent son crâne, mais il n'a le temps d'en essayer une que la voix de son agresseur lui glace le sang, paraissant même arrêter le cours du temps.

« Cervelle d'autruche ? [...] Askaywen, c'est bien toi ? »

Askaywen. Ce prénom honni qu'il n'a plus entendu depuis bien longtemps lui fait pourtant, le temps de quelques secondes, l'effet d'un baume. Il ne réfléchit cependant pas et, profitant de la surprise suscitée, repousse brutalement son vis-à-vis.

Ce n'est qu'une fois remis debout qu'il prend le temps de le détailler, laissant ses prunelles glisser le long de son corps, de son visage, afin d'y mettre un nom qu'il peine à retrouver... Les souvenirs ne tardent néanmoins pas à affluer. Ceux de deux mômes plongés dans cette même forêt, ceux de douces caresses, de rires joyeux...

« ... Saym ? »

Superposer le gamin d'il y a une bonne dizaine d'années à l'adulte lui faisant face n'est pas un exercice compliqué, maintenant qu'il sait à qui il a affaire. Bien sûr, il a grandi, son faciès a perdu les rondeurs de l'enfance et son épiderme s'est couvert de tatouages sanguinolents, mais ces détails mis à part, il a l'impression que rien n'a changé.

« Appelle moi Kaan, désormais. »

Les minutes ne tardent toutefois pas à s'égrener, lui rappelant qu'il n'est guère en territoire sécurité. Le masque pèse lourd dans son dos, comme un rappel de ce qu'il a encore à effectuer.

« ... Tu m'excuseras, mais il serait judicieux de reporter les retrouvailles à plus tard... »

Il ne le fait pas de gaieté de cœur, mais s'il ne décampe pas rapidement, il redoute qu'une patrouille des Tarod ne lui tombe dessus. Saym est bien la preuve que la forêt a repris vie. De plus, il est bien conscient que sa hache aurait pu faire de gros dégâts... il devient donc nécessaire de se reprendre en main et de davantage faire attention à son environnement.

« À plus ! »

C'est pourquoi il se remet aussitôt à courir, poussant sur les muscles quelque peu refroidis de ses jambes, en secouant la main en direction de son bienfaiteur. Une fois les trésors qu'il porte mis en sécurité, il sait d'avance qu'il cherchera à recontacter Saym, voire même à s'aventurer de nouveau dans la forêt, pour une discussion bien plus approfondie...


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Lun 2 Jan - 10:34
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Entre chien et loup
Kaan. ❤
Sacré remous. Remoulu, recousu, bien qu’il n’en n’eût que faire de son esprit garni de fibres d’émotions quand ses yeux se perdaient dans le bleu et le jaune de ses prunelles, de ce regard qu’il avait appris à connaître en deux jours tout au plus, en quelques heures de merveilles. Cette fois, il était sûr de connaître ce visage d’adulte rafraichi par la vivacité de ses traits sculptés qui, malgré leur certaine évolution dans l’âge, se confondaient presque avec les joues rondouillettes et les grands yeux de l’enfant égaré qu’il avait aidé quelques années auparavant. Cette lueur espiègle et déterminée, identique à celle de ses souvenirs, chahutait encore dans le pétillement de ses yeux que la surprise avait toutefois teintés dans l’immédiat alors que son corps d’athlète éjectait l’intrus par pur réflexe. Figé, Saym ne vit pas le coup venir et roula deux ou trois fois dans la neige. Il se releva lentement en grimaçant, tremblant presque en sentant la neige se glisser sous son revêtement, sans trop savoir si cette sensation d’étouffement dans sa gorge, ou le voile flouté couvrant son regard, faisait partie des normes d’un être vivant.

« … Saym ? »

C’est bien moi. Entendre son prénom faillit lui arracher un sourire. Il se rendit compte de la peur qu’il ne le reconnût pas lorsqu’un étrange soulagement avait calmé le rythme de son palpitant. Il aurait été normal, après toutes ces années, que deux adultes d’odeurs différentes, d’origine différente et de mœurs différentes, qui ne s’étaient croisés que pour quelques malheureuses heures de leur enfance, se fussent grondés dessus pour que chacun regagnât son habitat et ses activités sans-même se demander si leurs visages figuraient sur un moment partagé, bien que fragile, de leurs vies respectives. En son fond, Saym savait que ces confusions entre le passé et le présent n’étaient que douloureuses illusions et que tout avait changé, avec ou contre leur bon vouloir. Le petit être qui lui avait gentiment demandé son aide était aujourd’hui celui qui portait sur son dos les valeurs qui ne lui appartenaient point, et le destin les mènerait peut-être à devenir ennemis.

« Appelle-moi Kaan, désormais.
- ... Kaan ?.. » répéta-t-il, dérouté.

Oui, tout avait changé. L’incertitude quitta son nid, l’égarement et la joie trouvèrent une courte pause. Saym secoua légèrement la tête, picoté par ses émotions et les minuscules arabesques gelées qui fondaient contre sa peau, tandis que son épaule accueillit les serres d’Alda. Il resserra mécaniquement sa cape autour de son cou et s’en couvrit les bras. Qu’avaient-ils à se dire, à se conter ? Leurs deux corps avaient été modelés, leurs traits s’étaient endurcis. Saym remua plusieurs fois les lèvres en cherchant quoi aborder, s’il devait d’abord demander les motifs de ce vol, ou découvrir le nouvel homme qui se tenait face à lui.

« ... Tu m'excuseras, mais il serait judicieux de reporter les retrouvailles à plus tard. […] A plus !
- Quoi ? (Il releva la tête, hébété, mais son interlocuteur s’éloignait déjà.) A-Attends ! Askay-. Kaan ? Cervelle d’autruche ! »

Main levée vers la silhouette qu’il souhaitait enchaîner entre ses doigts, il faillit s’élancer à sa poursuite, mais les serres d’Alda se replièrent sur sa peau jusqu’à faire souffrir son épaule à travers la fourrure. Un léger grognement déborda de ses lèvres, mais le message était passé. Il s’arrêta net, irrité, et s’avança simplement pour récupérer sa hache. Il empoignait cruellement son manche. Il observait son arme comme jamais il ne l’avait fait, se questionnant sur sa nature, sur l’obscur poème qui l’avait dicté à la chasse, une fois de plus. Une quinzaine de secondes passèrent ainsi […] et une patrouille parvint finalement à lui.

« Alors ? » La locutrice exsuda un regard plein d’intérêts sur les creux irréguliers dans la neige. Le regard passif que lui adressa le chasseur lui suffit à comprendre qu’ils pouvaient préparer la dague en attendant son retour. « Je. Je vais m’en charger. Seul. » Il rabattit sa hache dans son port de cuir et ne prit pas la peine de leur faire face. « Seul ? » Il se sentit stupide à espérer retrouver cette mince échappatoire auprès d’un être qui n’était plus qu’un inconnu. « Seul, insista-t-il. Et ne vous risquez pas à me suivre. »

Sa marche fut calme. Il suivait les traces dans la couche neigeuse qu’Askaywen avait laissées telles les bribes de rires avant qu’il ne s’en allât vers l’horizon que Saym n’avait jamais osé explorer. Lorsque la neige avait effacé sa piste, il envoyait Alda à la recherche de la suite, pour le guider, jusqu’au bout. Et il continua même si l’espoir de retomber sur un voleur en pleine fuite se ternissait à chaque pas. Il tentait de se persuader qu’il s’agissait de sa mission, qu’il n’y allait que pour récupérer ce qu’on leur avait confisqué. Un dernier hululement de sa chouette l’avait emmené vers un amassement de roches volumineuses sous une petite ouverture entre les branches. Askaywen y demeurait, tactiquement. Le rapace revint se poser sur son épaule en pressant sa tête sur sa joue, et Saym la remercia silencieusement en avançant. Plusieurs minutes déjà s’étaient écoulées ; c’était une distance qui désespèrerait les patrouilles.

« Tu me remercies en pillant ma tribu ? » Il fit le tour afin de se poster à quelques mètres en face de lui. « Ne t’en fais pas. Je suis seul et je doute qu’ils viendraient jusqu’ici. » Et il décrocha sa hache pour la laisser s’écraser entièrement dans la neige en cherchant à le rassurer. Ses yeux se plantèrent sur l’arme un moment encore avant de s’attarder sur ledit Kaan, d’un air indescriptiblement froid que son vécu lui avait attaché. « Je ne comprends pas, (Il hésita.) Kaan. Tu disparais, puis réapparais en ayant changé de nom et… Bons Dieux, jamais je n’aurais imaginé te revoir dans l’intention de te tuer. » Il bascula son poids sur une jambe, comme fatigué. « Qu’est-il arrivé à cet adorable Askaywen qui agrippait sa queue au moindre bruit ? » Un rire sans humour s’échappa […] et il tendit une main vers lui, demandant silencieusement à le caresser comme autrefois.
Sous la douceur, il y a la permanence d'un danger.

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