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La saison des neiges, ou saison de la nuit dans le nord du monde. La neige recouvre la terre et la nuit quasi-perpetuelle couvre le septentrion.
Grasping reality Ω Veik

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Grasping reality Ω Veik

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Kaan
Frère du Purgatoire
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Ven 30 Déc - 23:17
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Sa réception maladroite lui vaut une longue glissade le long du toit d'une habitation qui, en plus de ramasser les tuiles dans son sillage, n'est que peu discrète. Échappant un petit grommèlement d'irritation, Kaan se rattrape à une gouttière à l'aide de ses deux mains et se laisse tomber dans un des nombreux boyaux d'Ypsokhrisòs, ses jambes bandées l'aidant à atterrir souplement. Ses oreilles, qui se tournent au moindre petit son, captent bien vite celui d'un tambourinement. Il en reconnait le rythme et se permet un petit soupir amusé lorsque ses prunelles accrochent la provenance de ce bruit ; un petit regroupement d'hommes, à vue de nez deux ou trois, courent dans une rue parallèle –celle où une lause s'est malencontreusement éclatée– en braillant comme des porcs.

« Au voleur ! Au voleur ! »

Dissimulé par l'ombre du temple contre lequel il s'est plaqué, le voleur attend patiemment que ces hommes ne disparaissent au croisement d'une ruelle avant de s'éclipser à son tour, de lourdes bourses cliquetant à chacun de ses pas alourdissant ses poches. La pêche s'est montrée prolifique puisque, sans même avoir à compter les pièces d'or récupérées, Kaan sent qu'elles lui tiendront un bon mois. Pas qu'il en ait véritablement besoin au vu de l'argent qu'il a déjà amassé, mais il est toujours bon d'être à son aise que de devoir trimer pour gagner son pain.

« L'avez-vous vu... ? Il s'agit d'un homme, plutôt grand, avec des oreilles et une queue ... 
– Je suis navré, mais je n'ai pas aperçu votre gaillard !
»

Il semblerait que les bourgeois qu'il a facilement volés soient à sa recherche. Rangeant son appendice caudal sous sa tunique, il rabat ensuite sa capuche sur son visage avant de se joindre à la masse grouillante se promenant entre les petites échoppes. L'amusement est inlassablement au rendez-vous lorsqu'il commet un larcin ; ses mains sont parcourues des mêmes picotements tandis que son cœur s'agite toujours avec frénésie, à l'instar d'un colibri désireux de s'échapper d'une cage d'os et de muscles. Voler et se savoir poursuivi nourrit le puma qui se tapit au fond de son être, en plus de lui procurer une bonne dose d'adrénaline. Depuis le temps qu'il plane sous le contrecoup de sensations fortes, il en est assurément devenu accro. Et plus la situation devient critique, plus il en ressort secoué, fiévreux... Autant dire que ce n'est aucunement le cas du minime crime commis en ce jour.

Se jouer de pauvres riches, bien que risible, n'a rien de particulièrement euphorisant. La plupart du temps, ils grommèlent au sujet des « chiens galeux » n'ayant rien de mieux à faire que de les tourmenter et passent leur chemin. Sans doute ne comprennent-ils pas que leur comportement hautain en est la cause ? Parce que la capitale n'est pas dénuée de ses bas quartiers, de sa populace défavorisée, et il n'y a rien de pire pour quelqu'un dans le besoin que de voir les “ personnes respectables ” le narguer en se promenant comme en territoire conquis, avec des vêtements de première classe.

Kaan ne s'attarde cependant pas, ne titille pas d'avantage ses pauvres victimes à bout de souffle et sort de la capitale, se demandant déjà quel usage il allait faire de ses bourses nouvellement acquises...


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Dim 1 Jan - 5:59
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Veik

Kaan

Depuis quelques mois Veik avait gagné la capitale de Nui et s'y était installé un petit moment, vivant grâce à ses propres économies, mais aussi grâce à l'argent qu'il parvenait à récupérer en effectuant de petits travaux. Chaque jours il accumulait de nouvelles informations à l'intérieur de ses carnets de voyages à propos de cette région, qui était bien différente des terres calcinées dans lesquelles il avait vécu de longues années. Il allait fréquemment à la rencontre des agriculteurs de Nui, s'il y avait bien une chose qui avait su piquer sa curiosité, c'était la flore immensément riche de cette région. Des plantes étaient aussi cultivées dans sa région natale, mais la diversité paraissait être infime comparée à celle qui résidait dans cette grande région agricole.

Cependant, Nui ne cache pas seulement des trésors, outre le refus des mœurs dissolues de Vaeli par une grande majorité des habitants de la région, celle-ci est aussi gangrenée par un fléau bien plus dangereux. Les Frères du Purgatoire sont établis à Nui et compensent à eux seuls le point noir de cette terre hospitalière et chaleureuse. Multipliant les actes immoraux comme les pillages, les meurtres ou d'autres choses abominables, ils sont ceux qui terrorisent les voyageurs ainsi que les honnêtes agriculteurs vivants des moyens gagnés grâce à leurs récoltes.

Veik n'avait jusque là jamais rencontré un des membres de cette guilde, du moins, s'il en avait approché un durant son séjour, celui-ci ne s'était pas montré hostile en sa présence. Pourtant les divinités allaient bientôt amener le voyageur devant ce nouveau danger.

Le trentenaire avait l'habitude de se fondre dans la masse grouillant dans les rues d'Ypsokhrisòs. L'ambiance lui rappelait parfois celle d'Eḍāri, les étals étaient plus rares, il fallait s'enfoncer dans les rues qui hébergeaient les personnes les plus pauvres pour en voir. Autour du château, c'était des tavernes et des stands assez bien organisés qui devaient s'accaparer l'attention des passants.

Un après-midi, Veik s'y était rendu pour essayer de dénicher des spécialités cullinaires locales, toute information était bonne à prendre. Pourtant sa recherche gustative allait être mise en pause pour s'intéresser à un tout autre cas. En effet, une voix demandant de l'aide s'était faite entendre à quelques mètres de l'écrivain. Aventurier et courageux, il se précipita vers l'homme qui avait l'air totalement paniqué. Le vaelien lui demanda alors de lui expliquer la situation et lorsqu'il comprit qu'il avait l'occasion de décrocher une coquette somme d'argent en retrouvant un voleur, il ne se fit pas prier deux fois pour participer aux recherches. Recueillant tout de même une description sommaire du voleur, ainsi qu'un léger bout de tissu que celui-ci avait dû déchirer dans sa fuite, Veik commença à arpenter les rues et interroger différentes personnes de la ville. Aucunes d'elles ne trouvaient de réponse à lui donner. Le malandrin s'était envolé, loin du lieu de son vol. Les citoyens ne pouvant guère lui offrir de l'aide, Veik n'eut d'autres choix que de faire appel au flair de Siek, son Jahak qui marchait toujours à ses côtés lorsqu'il n'était pas perché sur les épaules du voyageur, ou bien endormi dans une sorte de poche en cuir rembourrée et confortable confectionnée par un artisan de Nui.

Il se rendit sur l'un des chemins qui s'éloignait de la ville après avoir fait sentir le fragment de tissu laissé par le voleur à son compagnon. L'animal était peut-être jeune, mais comme tous les Jahaks, il était doté d'un flair très développé. Évidemment, il n'allait pas le retrouver en un clin d'oeil pour autant mais il allait pouvoir trouver une voie à suivre une fois que Siek sentirait l'odeur du voyou dans l'air.

Il fallut attendre quelques heures avant que le flair de l'animal ne mène Veik jusqu'à celui qui ressemblait au voleur qui lui avait été décrit. Sage et patient, il ne s'était pas fait remarqué de ce dernier et ne comptait pas foncer tête baissée. Le chemin sur lequel il se trouvait était entouré par des arbres bien garnis. Il commença donc à grimper dans l'un d'eux pour s'approcher de sa cible. Lentement, il se rapprocha en l'espace de quelques minutes près du voleur. Envoyant Siek en première ligne en lançant une de ses friandises préférées sur le sol à quelques mètres du criminel, il se faufila branche après branche dans l'angle mort de l'homme et n'attendit pas longtemps avant de bondir dans son dos en dégainant son épée pour dresser sa lame aiguisée près de la gorge du bandit.

« Ne bouge pas. Je ne souhaite pas te tuer, mais je le ferai si tu m'y contrains, je veux seulement récupérer ce que tu as dérobé à un homme de la capitale cet après-midi. »
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Kaan
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Mar 3 Jan - 23:54
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La responsabilité est une chose pour le moins amusante, car dépendante de bien des critères. Il n'est pas rare que celle-ci ne se joue de quiconque l'implorant de l'aider et qu'au lieu de réunir les troupes, elle les disloque. C'est pourquoi les hommes dans le besoin ne se retrouvent qu'avec leurs yeux pour pleurer. Les pauvres, ils ont beau crier à l'injustice, hurler de tous leurs poumons, l'individualisme qui gangrène les âmes est un tel cancer que les muscles se paralysent et que l'attention flanche.

Parce que la passivité d'une foule croît en fonction du nombre de personnes qui la constitue. C'est ce qu'il y a de si merveilleux avec le sentiment de responsabilité, puisqu'il a le symptôme de se partager à l'infini. Il se répartit entre les diverses entités d'une masse et diminue, diminue jusqu'à ce qu'il n'en persiste qu'un lambeau si infime que nul ne se sentira concerné par ce qui se trame sous ses yeux. Et c'est précisément cela qui aide Kaan à s'échapper d'une ville aussi rapidement ; il n'y a pas de héros en herbe pour le courser dans les secondes qui suivent. Personne, nonobstant celle qu'il a directement agressée, pour se sentir impliqué...

C'est pourquoi il n'a eu aucune difficulté à mettre de la distance entre la ville et lui et qu'il est parvenu à se réfugier parmi les champs givrés de la contrée. À dire vrai, il a même eu le temps d'entamer ses escarcelles pour boire un coup avant de terminer là, au milieu de la flore, les arbres dévorant l'horizon. Tout se passait bien. Il n'y avait pas un bruit si ce n'était celui du bruissement des feuilles, de ses pas ou de sa respiration, ce qui plongeait les lieux dans une atmosphère sereine... jusqu'à ce que les prunelles de Kaan n'accroche un objet visiblement lancé à ses côtés. Un appât sur lequel un animal –il reconnait un jahak au premier coup d’œil– se jette brusquement. Et malheureusement pour le détenteur du familier, le puma n'est né de la dernière pluie.

De suite, il sent que quelque chose ne va pas. Un jahak ne s'aventurerait pas en Nui, loin des siens. Néanmoins, le voleur ne dégaine ni dague ni arc et se contente d'attendre de voir d'où le danger l'attaquera, même s'il ne s'attendait pas à ce qu'on lui saute rebelote dans le dos, comme a pu le faire Saym !

Une lame se faufile contre sa jugulaire et lui écorche presque la peau, avant qu'une voix grave ne vienne lui caresser la nuque. Le timbre est promesse de représailles et lui démontre, en plus de la musculature qu'il sent peser contre son dos, qu'il a affaire à un homme. Lui qui pensait être tranquille, le voilà détrompé ! Mais dieux, que le danger est grisant...

« Oh quel vilain méchant loup que voilà... »

Un sourire retors ne tarde pas à ourler ses lèvres tandis que d'un mouvement rapide, Kaan vient violemment écraser le pied de son agresseur. Il n'attend pas la moindre réplique de sa part pour lui flanquer un rude coup de coude dans les flancs, désireux de lui faire cracher son souffle. L'épée demeure encore dangereusement proche de sa gorge, mais il ne lui laisse pas le loisir de lui trancher les chairs et s'empresse d'enrouler sa queue autour de la main armée afin de dévier sa trajectoire. Prendre par surprise est également une de ses compétences et le bougre ne compte pas se laisser avoir aussi facilement.

« ... bien qu'il ne soit vilain qu'en apparence et qu'il ne sache qu'aboyer. »

Toujours dans la provocation, dans l'amusement, dans la joie d'avoir l'ascendance...
Le puma relâche son opposant et s'écarte de lui en vitesse, désireux de mettre quelques pas de sécurité entre eux. Les genoux fléchis, les muscles bandés, il attend ensuite de voir sa possible réaction, espérant secrètement avoir trouvé un compagnon de jeu qui tienne la route. Il ne cherche ainsi pas à blesser davantage l'homme –assurément un mercenaire ou un soldat–, curieux de ses capacités... et désireux de se dépenser un peu.
Son assurance sera assurément ce qui causera sa perte.

Et désormais qu'il n'est plus collé à lui, Kaan est capable de le jauger du regard. Son antagoniste n'est pas aussi vilain qu'il l'a prétendu et exsude même l'assurance que possèdent les voyageurs avertis. Il n'a d'ailleurs pas à lever la tête ou à la baisser pour le lorgner ou même le défier, ce qui est un détail pour le moins plaisant.

« ... Tu n'aurais pas dû me lancer ton Jahak si tu désirais vraiment te montrer discret. »

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Mar 10 Jan - 17:52
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Veik

Kaan

Malgré l'avertissement prononcé par le Vaelien, le voyou avait tout de même trouvé le courage de ne pas se rendre directement, alors qu'une lame était parvenue jusqu'à sa gorge. Il n'était peut-être qu'un voleur mais il n'était cependant pas qu'un simple couard. Veik ne savait pas encore qu'il se trouvait en face d'un frère des purgatoire, mais il n'allait sans doute pas tarder à s'en douter. Ces dangereux criminels qui tâchaient le beau tableau des plaines idylliques de Nui ne pouvaient décidément pas rester discrets indéfiniment. Les coups que le voyageur venait de recevoir en était la preuve, ces derniers n'étaient pas dissimulés.

Surpris par l'utilisation, et aussi par l'existence de la queue bestiale du voleur, Veik n'eut pas le temps d'empêcher celle-ci de venir dévier la ligne de sa lame qui était jusque là restée accrochée au cou de cette curieuse créature à l'allure humaine. Évidemment, il avait déjà parcouru des pages mentionnant l'existence d'humains étranges qui pouvaient arborer certaines caractéristiques animales, cependant depuis le début de son périple il n'en avait pas croisé un seul, ou alors ceux qu'il avait vu n'avait pas de signes distinctifs visibles. Désormais il avait l'un de ces fameux hommes-bêtes juste devant lui, et la distance qui s'était établie entre eux lui permettait clairement de dessiner les traits de cet humain mystérieux.

L'épéiste passa doucement sa main libre sur la zone qui avait été ciblée par le malandrin tout en ne quittant pas ce dernier des yeux. Il entendit simplement ses provocations et réalisa que le ton montrait que celles ci n'étaient clairement pas aussi aguicheuses que celles formulées dans les maisons de prostituées vaeliennes. Ne prenant pas la peine d'y répondre, il poussa juste un petit sifflement pour ordonner à son Jahak de revenir à côté de lui avant de prendre une position offensive qui laissait penser qu'il allait à nouveau engager l'affrontement. Son avertissement ignoré, il savait que dans son esprit, ce combat allait faire un mort désormais, et qu'il n'y aurait plus d'autres mises en garde.

Siek commença à émettre un grognement ce qui signifiait qu'il se trouvait dans le même état d'esprit que son maître et qu'il était prêt à participer au combat lui aussi. Cet animal, aussi petit était il, se révélait être d'une grande aide pour le voyageur. Pour faire diversion ou s'attaquer à des zones spécifiques chez l'adversaire, il faisait un excellent allié pour abattre des proies.

« Vu le répondant que tu as, tu n'es pas un simple lâche, ce qui est pour le moins étonnant venant d'un simple voleur. »

Sur ces mots, Veik se lança à l'assaut de sa cible en se propulsant vers lui, pointant sa lame vers l'épaule de la créature afin de pouvoir atteindre sa gorge facilement. Cependant la vivacité de la bête semblait encore bien présente puisque le voyageur ne parvint qu'à entailler une sacoche en cuir qui laissa tomber quelques biens appartenant au voleur, sur le sol. Il n'y fit guère attention et resta focalisé sur sa cible. Il se retourna rapidement et asséna une nouvelle percée avec son épée qui malheureusement ne parvint pas à aller se loger profondément dans la chair du voleur, mais qui réussit tout de même à laisser une entaille sur l'un de ses bras, avant que Veik ne fasse à nouveau quelque pas en arrière pour récupérer les affaires qui étaient tombées.

Quelques pièces étaient tombés, ainsi que des bijoux. Sûrement des objets volés, eux aussi. Parmi les biens du criminel se trouvait un tout autre objet qui arriva à surprendre le voyageur et à capter son attention. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas tenu cet ouvrage en ses mains. Il l'épousseta gentiment avant de regarder l'état général, et il fut étonné de voir que l’œuvre était restée dans un état potable. Un fin sourire prit alors place sur son visage, tandis qu'il exposa le livre devant lui pour le montrer au voleur.

« Je ne savais pas que mes œuvres étaient si connues. Quelle surprise de voir que même les criminels s'intéressent à mes prémices littéraires. Ravi de voir que l'un de mes lecteurs possèdent autant de fougue et d'agilité. »

En vérité, il était surtout surpris de voir cet ouvrage tenu dans les bras de quelqu'un qui vivait dans cette région. Lui-même savait très bien que les mœurs débridées de Vaeli n'avaient guère leur place en ce lieu.
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Kaan
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Mar 17 Jan - 21:06
Grasping realityVeik ♥
Le regard vif, Kaan observe les muscles de son opposant se bander, se crisper sous la tension qui, peu à peu, devait ramper le long de ses os ; la posture souple mais droite, les jambes légèrement pliées, prêtes à supporter le poids d'un corps... il est clair que le mercenaire prend très au sérieux leur rencontre, ce qui tranche tout à fait avec la dégaine assurée, aux frontières de la négligence, du puma. En effet, le voleur ne se sent aucunement menacé et le fait savoir... ou du moins, essaie de le faire paraître. Ses oreilles félines dressées sur son crâne sont prêtes à capter le moindre frôlement de vêtement et son instinct s'éveille, s'aiguise au gré de son impatience. Un désir de conquête grimpe délicieusement en lui, attisant son envie jusqu'alors muselée de s'amuser. Et quoi de mieux qu'un homme armé et désireux de le blesser pour le faire ?
Quelle drôle de vision des choses...

« Voleur ne rime pas avec lâche. Du moins... pas toujours. »

Une risette hissée aux lèvres, Kaan finit par se mouvoir lorsque son opposant lui fonce dessus, son épée levée devant lui. Il remarque bien que ses coups cherchent à mordre dans sa gorge, mais il ne se laisse pas faire aussi facilement. C'est pourquoi, lorsque la lame fuse, la bête esquive d'un pas en arrière... mais il ne s'attendait pas à ce que l'arme effectue un petit mouvement vers le bas. Aucunement blessé, il échappe cependant un juron lorsque sa bourse dégueule un mélange de pièces dorées et de précieuses parures. Les trésors rebondissent sur le sol en un petit tintement métallique avant que, lassée, la sacoche de cuir ne crache un dernier bien : un livre à la couverture un peu usée par les voyages, mais en bon état.

Décidant de les récupérer plus tard – un mercenaire aussi avide de justice n'allait tout de même pas le voler ! –, Kaan ne fait que de se préparer au prochain assaut, conservant son arc dans son dos et ses dagues dans leurs étuis. Il ne demeure néanmoins pas statique puisque, au moment où l'homme s'approche pour le blesser à nouveau, il lui assène de rudes coups de poings dans le visage, se contentant de se protéger du tranchant de son arme à l'aide de son bras.

Une minuscule estafilade se fraie un passage le long de son épiderme, mais il ne s'en préoccupe pas un seul instant, le regard rivé sur son antagoniste. Il en détaille les gestes, le complimente parfois intérieurement pour le forcer à reculer ou à esquiver, voit sa respiration commencer à se hacher et se prend parfois quelques coups au niveau des avants-bras... même si rien de suffisant pour le faire saigner à verse.. ; il ne s'agit que de quelques gerbes carmines qui, nettoyées d'un petit coup de langue, ne tardent pas à coaguler.

Le puma est toutefois surpris en avisant les mouvements de recul du mercenaire. Et son ahurissement ne fait que s'empirer lorsqu'il le voit ramasser ses affaires ! Le salop ! Ne disant néanmoins rien, il s'approche d'une démarche chaloupée, l'observant cueillir entre ses mains un livre. Enfermant un petit rire entre ses lèvres, il se demande si l'étranger allait être surpris de ses choix de lecture... et sa réaction a le don de libérer son éclat amusé. Il rit donc légèrement, rebondissant sur sa remarque avec facétie.

« Ravi de t'avoir contenté. Tu n'es pas trop mal non plus... mais à ta place, je ne traiterais pas les autres de criminel en m'emparant de leurs biens ! »

Le gardant à l'œil, Kaan s'avance doucement vers lui afin de récupérer ses pierreries, lui laissant cependant le livre dans les mains ; désormais qu'il peut mettre un visage sur l'écrivain, il le lorgne de manière plus insistante, se disant secrètement qu'il ne s'attendait pas à ce genre d'apparence.

« Je suis étonné de croiser la route d'un écrivain. Ai-je droit à un autographe ? À moins que tu ne désires te complaire dans ton rôle de gentil ? »

Au moindre geste suspect, Kaan se jettera sur le côté. Et en cas d'attaque plus vicieuse, il espérait pour le Jahak qu'il soit capable de voler : il risquait d'éjecter au loin d'un simple coup de pied. Après tout, son air amical – bien que relativement réel – ne veut pas dire que sa garde est baissée. Leur rencontre a beau prendre des tournants incongrus, il se défendra, écrivain ou pas.

« Tu cherches l'inspiration loin de Vaeli ? »


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Dim 5 Fév - 4:36
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Veik

Kaan

L'écrivain esquissa un fin sourire en entendant les mots sortir de la bouche du malandrin. Ce qui au départ était un combat à mort était devenu une discussion en un auteur et l'un de ses lecteurs. Pourtant, Veik savait qu'il avait tout intérêt à se méfier du félin. Après tout, il se trouvait en face de l'un de ces fameux frères du purgatoire. Le nom de leur organisation laissait clairement supposer ce dont leurs membres étaient capables.

« M'emparer de tes biens ? Qui pourrait dire si ces affaires t'appartiennent réellement ? »

Le vaelien ne pouvait que mettre en doute la parole d'un voleur. Il se permettait même d'en rire vu la situation cocasse dans laquelle il se trouvait. Claquant simplement le pied droit sur le sol, il ordonna par ce seul mouvement à Siek de revenir juste à côté de lui. Le jahak, qui avait était éduqué pendant deux bonnes années, s'exécuta dans les secondes qui suivirent le geste de l'écrivain. Veik commença ensuite à réfléchir à une alternative acceptable pour se dépêtrer de cette situation qui était soudainement devenue exceptionnelle. Devait-il se contenter d'accomplir la mission qu'il avait accepté et débarrasser les lieux d'un voleur issu d'une dangereuse organisation, ou bien conclure un marché avec celui-ci pour en ressortir un bénéfice certain.

« Un autographe ? Tu souhaites vraiment obtenir une trace d'encre de plus sur cet ouvrage, laissée par son auteur ? Qu'est ce que cela pourrait apporter de plus ? »

L'écrivain était loin d'être habitué à ce genre de demande. Même si ses écrits se vendaient relativement bien, il n'avait clairement pas encore la renommée des plus grands auteurs de l'époque. D'autant plus que le voleur lui demandait un autographe sur le seul ouvrage à thème sexuel qu'il avait écrit. Depuis son départ de Vaeli et même un peu avant ça, les thèmes de ses textes étaient devenus plus variés, et il s'était aussi frotté à d'autres formes comme la poésie.

« Oui, comme tu peux le voir, je voyage désormais. Les dunes de Vaeli sont peut-être magnifiques sous le crépuscule, mais elles ne suffisent pas à combler les yeux de quelqu'un toute une vie. »

Veik était sorti de sa cité pour découvrir le reste du monde, pour ne pas se contenter de la seule matière que lui donnait la glorieuse Eḍāri et son paysage désertique. Même si cet ensemble était réellement magnifique, l'artiste était quelqu'un de curieux qui voulait découvrir ce que le monde pouvait encore lui cacher. C'était l'une des raisons qui l'avait amené à entamer son voyage. Cependant, il s'estimait également heureux d'avoir suivi un entraînement avant de mettre les voiles. Cela lui avait été très utile pour chasser et ces enseignements se révélaient encore plus utiles désormais. Face à un ennemi comme le félin, s'il n'avait été entraîné au combat, il se serait assez vite fait mettre au tapis.

Veik ne souhaitait tout de même pas éterniser le combat. Le voleur était agile et réactif. Si le conflit se poursuivait, il savait très bien que les deux camps allaient devoir encaisser quelques blessures et que le perdant serait celui qui ferait le premier la faute de relâcher sa vigilance. C'est pour cela qu'il voulut essayer de trouver un arrangement avec le criminel.

« Bon. Je ne tiens pas trop à continuer à me battre. Tu es doué et je voudrais m'éviter quelques entailles si possible, alors que dirais tu de négocier ? Tu veux mon autographe ? Je te le cède pour la moitié du butin que tu as réussi à récupérer sur l'homme que tu as volé. Aucun de nous n'en ressort trop amoché, tu repars avec une partie de ton trésor et un autographe en prime. Qu'en dis tu ? »

Les habitudes du milieu commercial de Vaeli n'étaient jamais loin. C'est ainsi que Veik commença à essayer d'envisager une alternative acceptable à cette situation, même s'il devait pour cela sacrifier les biens d'un homme de Nui à son propre profit.
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